| |
27 Février 2008 - Question orale à Mme la Ministre Marie Arena "Cours d'Education sexuelle et affective"
Mme Chantal Bertouille (MR). – La mise en place généralisée de cours d’éducation à la vie rationnelle, affective et sexuelle est habituellement débattue en commission de la Santé. Madame le
Ministre-Présidente, au cours d’une de ses réunions du mois dernier, Mme Fonck nous a fait part des problèmes qu’elle rencontrait avec votre cabinet pour leur mise en place et leur budgétisation. De plus, il nous revient qu’une proposition de résolution concernant ce dossier vient d’être déposée à la commission de l’Éducation. Je souhaiterais que l’on examine en Conférence des présidents la possibilité que cette proposition puisse être étudiée de façon conjointe avec la commission de la Santé. Depuis de nombreuses années, des études universitaires, des évaluations de projets pilotes, des rapports sur les réalités rencontrées par les jeunes ou, tout récemment, sur les grossesses précoces des adolescentes attestent de l’opportunité et de l’urgence de mettre en place ces cours dans toutes les écoles de la Communauté française. Les objectifs étaient de dégager des pistes d’actions concrètes et de dresser un inventaire des outils de prévention en Communauté française. Ces recherches proposent de façon très précise un modus operandi pour dispenser ces cours auprès des jeunes à un âge précoce – sans l’être trop – et ce tout au long du cursus scolaire. Un consensus semblait enfin se dégager. Cela fait des années qu’on parle de ce problème ! Si le groupe MR répète régulièrement qu’il convient de ne pas « surcharger la barque scolaire » – nous avons d’ailleurs déposé une proposition de décret visant à une meilleure utilisation du temps scolaire –, force est de constater que, dans certains cas, la création d’un cours peut être une nécessité. Où en est-on ? Que pensez-vous de l’idée de généraliser ces cours ? D’autres études sont-elles prévues ? N’est-ce pas une priorité du gouvernement ? Si tel est le cas, quel agenda avez-vous fixé pour la mise en route de ces cours, d’autant qu’au vu de leur coût, vous devez agir de manière progressive ? Par ailleurs, comment comptez-vous les insérer dans les grilles horaires ? Pour moi, il est important que les jeunes aient des informations techniques et relationnelles sur
l’amour et la parentalité.
Mme la Présidente. – Nous en avons brièvement parlé au cours de la Conférence des présidents et nous avons décidé de ne pas mettre la proposition de résolution à notre ordre du jour d’aujourd’hui car il était déjà fort chargé. Mais nous en discuterons certainement en commission.
Mme Marie Arena,
Mnistre-Présidente, chargée de l’Enseignement obligatoire. – La question de l’harmonie des relations affectives et sexuelles des jeunes me tient à coeur. Nous avons d’ailleurs mené une enquête, en collaboration avec l’Institut de l’égalité des chances, sur la violence dans les relations amoureuses. La manière dont les jeunes entament leur vie affective y est notamment analysée.
Les résultats nous interpellent. On constate par exemple que les rapports de domination sont très présents dans les premiers rapports affectifs. Comme vous l’avez signalé, des études montrent que les grossesses, les interruptions volontaires de grossesses et les maladies sexuellement transmissibles sont en augmentation. Pour les publics les plus précarisés, cela engendre évidemment des difficultés supplémentaires. Une récente étude réalisée par le service communautaire de promotion de la santé et le Promes de l’ULB montre également qu’il existe des inégalités dans l’accès à l’information sur la vie relationnelle, affective et sexuelle. La proportion d’élèves n’ayant jamais bénéficié de ce type d’animation est plus élevée dans l’enseignement professionnel et dans le technique, avec 30 % et 26 % contre 18 % dans l’enseignement général. Pour rappel, l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle est prévue dans la déclaration de politique communautaire. C’est une priorité du plan « promotion de la santé » du gouvernement. Je tiens à ce que les jeunes soient correctement informés en ce domaine. Un programme d’animation scolaire pour l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle est prévu. L’objectif est de proposer quatre heures d’animation par an en deuxième année secondaire. Au même moment, a lieu la vaccination contre le cancer du col de l’utérus. Les jeunes filles doivent être sensibilisées à cette maladie. Plutôt que d’intégrer ces animations dans l’horaire des cours, je souhaite établir un partenariat avec les plannings familiaux. Les professionnels de la santé sont formés pour aborder ce sujet avec les adolescents. D’après les acteurs de la santé, les jeunes évoquent plus aisément ces questions avec un intervenant extérieur à l’école, qui n’est pas censé juger leur scolarité. Des contacts sont pris avec le cabinet du ministre wallon de la Santé et de l’Action sociale, M. Donfut, sur la possibilité d’étendre les missions des plannings familiaux aux animations scolaires. Un projet-pilote sera lancé dans le courant de cette année, il sera ensuite pérennisé. Les modalités de ce partenariat sont encore à définir. Un budget annuel de 365 000 euros a été fixé pour faire bénéficier les cinquante-quatre mille élèves de deuxième secondaire de ces cours. Ceux qui pensent que je m’oppose à la mise en oeuvre d’une sensibilisation à la vie relationnelle, sexuelle et affective sont très mal informés.
Mme Chantal Bertouille (MR). – Des projets ont été lancés en Communauté française, il est temps de les généraliser. L’organisation de ces formations fait déjà partie des missions des plannings familiaux. Le ministre Donfut n’aura donc pas à innover en la matière ! Je regrette que ce projet tarde tant à être mis en oeuvre en Communauté française.
|
|